Leiji Matsumoto

Leiji Matsumoto

Leiji Matsumoto (Akira est son vrai prénom) est un mangaka japonais né le 25 janvier 1938 à Kurume, sur l’île de Ky?sh? dans la préfecture de Fukuoka au Japon. Il s’est fait connaître en France à travers la diffusion à la télévision française de deux séries TV sur Albator : Albator le Corsaire de l’Espace (1978) et Albator 84 (1984). Dans une moindre mesure Galaxy express 999 et L’Oiseau bleu ont aussi participé à la notoriété de cet auteur en France.

Site officiel de Leiji Matsumoto (ja)

Albator 78Albator 84

Biographie

Son père étant officier de l’armée de l’air impérial, les machines militaires de la seconde guerre mondiale ont joué une grande influence sur son style. On retrouve son intérêt pour cette époque à travers des œuvres telle que The Cockpit qui traite autant de machines que de soldats de la Seconde Guerre Mondiale quelque soit leur camp.

The Cockpit (Leiji Matsumoto)The Cockpit (Leiji Matsumoto)

Son goût pour les engins de guerre des années 40 va l’amener à développer un design en complet décalage avec tout ce qu’on peut voir ailleurs. Ses vaisseaux spatiaux s’inspirent ouvertement des cuirassés de cette époque. Ce côté rétrodesign a peut-être permis à l’univers de Mastumoto de bien vieillir (puisqu’il était déjà daté) et de revenir sur le devant de la scène vers les années 2000 après un long passage à vide de plus de 10 ans.

Le talent d’Osamu Tezuka et l’univers des animés de Walt Disney lui ont donné l’envie de se mettre au dessin pour faire ses premières planches dès l’âge de 9 ans.
Son travaille portera ses fruits puisqu’en 1953, alors qu’il est à peine âgé de 15 ans, il termine son premier vrai manga, Mitsubachi Maya no Bôken qui remportera même un concours organisé par le magazine manga Shonen. Un an après le manga vainqueur est publié.

C’est le célèbre Ozamu Tezuka qui a poussé Leiji Matsumoto à monter sur Tokyo pour se lancer dans sa carrière de mangaka en 1957 alors qu’il sort juste du lycée. Il travaillera même comme assistant auprès de lui.

A Tokyo il s’installe dans le quartier de Bunkyô près de Shinjuku (quartier chaud). Son début de carrière est alimentaire. Il fait du Shôjo manga (manga pour filles) ce qui est assez loin de ses thèmes de prédilection. Au moins ce milieu a permis de rencontrer Miyako Maki une Shôjo mangaka qui deviendra son épouse.

Caricature de Leiji Matsumoto dans cosmowarrior Zero
Insatisfait de sa situation artistique, il tente de se réorienter en changeant de registre pour basculer dans la science-fiction avec le manga Sexaroïd qui a le mérite de la rupture. Pour appuyer un peu plus ce changement radical dans sa vie de dessinateur, il prend le pseudo de Reiji (prononcer « Leiji ») qui veut dire « guerrier zéro » (le titre de la série Cosmowarior Zero est probablement inspiré de ce pseudo).

Cosmowarrior ZeroGalaxy express 999

En 1972 son manga Otoko oidon (Je suis un Garçon) remporte le Prix culturel Kôdansha catégorie livre pour enfant. Ce manga lancera enfin sa carrière dans le sh?nen manga. Matsumoto peut à présent se lâcher dans en abordant et en mélangeant les thèmes qu’il affectionne : la SF, les duels et les machines de guerre. Il poussera le mélange jusqu’à son paroxysme en n’hésitant pas réutiliser les personnages d’une série dans une autre qui n’a rien à voir. Au final même si le personnage a l’air identique au niveau du design et du nom, lorsqu’il change de série il n’est pas rare que son passé et son caractère change du tout au tout. Tout cela empêche donc une cohérence globale de son univers, même s’il tente parfois de rendre l’univers cohérent à travers une forme de déterminisme génétique. Ainsi les personnages d’Albator (Harlock) et Toshiro sont en quelque sorte génétiquement programmé pour être des amis de génération en génération sur une période allant du Far West (Gun Frontier) à la conquête spatiale (Albator 84, l’Anneau des Nibelungen) en passant par la première et la seconde guerre mondiale (Albator 84 le film).

L'anneau des NibelungenGun Frontier

Malgré les incohérences chronologiques et techniques flagrantes de l’univers qu’il développe, le succès finit par arriver au point que de nombreuses séries de mangas sont adaptées en animés pour la TV. Voulant garder la main sur son œuvre, il participe souvent comme consultant ou producteur artistique. Ne pouvant tout gérer lui-même il a recourt à de nombreux assistants pour lui venir en aide sur ses BD.

Vers la fin des années 1980, son rythme de parution ralenti. En 1992, il s’attaque à un projet qu’il avait en tête depuis très longtemps : Mettre en images l’opéra L’Anneau des Nibelungen de Richard Wagner. Ayant créé un univers de SF qui lui est propre, il peut à présent adapter cet opéra en lui donnant sa patte. Il profitera de cette occasion pour tenter de donner une chronologie et un semblant de cohérence entre les différents personnages principaux de son univers (Maetel, Esmeraldas, Toshiro, Albator, les différents vaisseaux, etc…). Dans cette œuvre, les justifications des liens entre les personnages sont essentiellement axées sur une forme de déterminisme génétique assez peu convaincant. Et le résultat est parfois assez indigeste tant les enjeux peinent à émerger.

Toujours dans une logique d’harmonisation en 1996 il essaie à travers le second voyage du Galaxy Express 999 de justifier certaines incohérences dues aux multiples interconnexions entre ses œuvres.

Les générations qui ont grandi avec ses premières œuvres sont à présent adultes et certains sont à leur tour devenu des artistes. Ainsi en 2003 le groupe français Daft Punk qui a grandi en regardant les animés d’Albator a proposé à Leiji Matsumoto de créer avec lui le film Interstella 555 basé sur les titres de l’album Discovery.

Album Discovery qui a servi de Bo au film Interstella 5555 de Leiji MatsumotoInterstella 5555Leiji Matsumoto et les Daft Punk

Style de l’auteur

Son style est immédiatement identifiable qu’il s’agisse des humains ou des machines.
Les machines sont toutes inspirées des engins de la seconde guerre mondiale ou des locomotives à vapeur. L’intérieur de ses vaisseaux ou le design des androïdes fait la part belle aux cadrans qui sont inspirés du Navitimer de Breitling. Ce retrodesign décalé a étonnamment bien vieilli.
Les jeunes femmes sont fines belles et longilignes, il y a peu de différences entre elles.
Les jeunes hommes tout comme les vieux, ont un design disproportionné, ils sont petit (deux fois plus qu’une femme) et ont un physique ingrat. Quelques rares exceptions masculines contredisent cette règle. En effet, les jeunes premiers et certains méchants ont des proportions normales et un visage beaucoup plus avenant.

Au niveau des planches, Leiji Matsumoto n’est pas un grand amateur de trames, il préfère largement l’usage du noir et blanc donnant un contraste plus fort, mais ce parti pris manque parfois de finesse et nuit à la lisibilité de certaines planches.

Manga

  • Mitsubachi no bôken (1954) : Les Aventures d’une abeille.
  • Denkô Ozuma (1961)
  • Submarine Super 99 (1964)
  • Sexaroid (1968)
  • Natacha (1968)
  • Hi no Mori no Koska (1968)
  • Machinners (1969)
  • Pilot 262 (1969)
  • Dai-Kaizoku Captain Harlock (1969)
  • Otoko Oidon (1971)
  • Gun Frontier (1972)
  • Stanley no majo (1973)
  • Waga seishun no Arcadia (1973)
  • Space Battleship Yamato (1974) : Yamato, le cuirassé de l’espace
  • Saraba roman no toki yo (1974)
  • L’Eternel Allegretto (1974)
  • Uchû senkan Death Shadow (1975)
  • The Cockpit (1975)
  • Bruno Walter (1975)
  • Herbert Von Karajan (1975)
  • Capitaine Albator (1977)
  • Galaxy Express 999 (1977)
  • Queen Emeraldas (1977)
  • Space Battleship Yamato II (1978)
  • Yamato New Journey (1979)
  • Captain Herlock Book (1979)
  • Waga seishun no Harlock (1980)
  • Be Forever Yamato (1980)
  • Queen Millenia (1980)
  • Space Battleship Yamato III (1980)
  • The Drifting Express 000 (1983)
  • Final Yamato (1983)
  • L’Anneau des Nibelungen (1989)
  • Shinkiro Kitan (1991)
  • Leonardo Da Vinci (1995)
  • Fire Force DNAsights Fortress 999.9 (1996)
  • The Ultimate Time Sweeper Mahoroba (1998)
  • Cockpit Legend (1999)
  • The Shadow Warrior (1999)
  • Space Battleship Great Yamato (2001)
  • Space Battleship Great Galaxy (2003)

Série TV

  • Uchû Senkan Yamato (1974)
  • Wakusei Robo Danguard A (1977-1978)
  • Uchû Senkan Yamato 2 (1978)
  • Albator, le corsaire de l’espace (1978-1979)
  • SF Saiyûki Starzinger (1978-1979)
  • Galaxy Express 999 (1978-1981)
  • SF Saiyûki Starzinger II (1979)
  • L’Oiseau bleu (1980)
  • Uchû Senkan Yamato III (1980)
  • La Reine du fond des temps (1981-1982)
  • Albator 84 (1982-1983)

Films

  • Uchû Senkan Yamato (1977)
  • Arrivederci Yamato (1978)
  • Albator : Le mystère de l’Atlantis (1978)
  • Uchû Senkan Yamato : Aratanaru Tabidachi (1979)
  • Galaxy Express 999 (1979)
  • Be Forever Yamato (1980)
  • Adieu Galaxy Express 999 (1981)
  • Albator 84 : L’Atlantis de ma jeunesse (1982)
  • Princesse Millenium (1982)
  • Final Yamato (1983)
  • Galaxy Express 999 : Eternal Fantasy (1998)
  • Fire Force DNA Sights 999.9 (1998)
  • Interstella 5555 (2003)

OAV

Liens externes

Fiche wikipédia de Leiji Matsumoto

Chronologie de l’univers de Matsumoto (Wikipédia)

 

Galerie

13 réponses à Leiji Matsumoto

  1. Dariastr dit :

    Pour avoir parcouru récemment l’encyclopédie illustrée de Wonder Woman (oui j’ai des lectures à haute teneur intellectuelle…), j’ai eu un petit aperçu du concept des multivers chez DC comics.
    A savoir 15 millions de mondes parallèles, et vas-y que je meurs en fait non, finalement si, mais je ressuscite, et avec une nouvelle identité ou un autre passé.
    Que finalement tout ça c’était un rêve ou qu’on m’a bidouillé la mémoire alors je sais plus ce qui est arrivé pour de bon ou pas, que les mêmes noms de personnages reviennent 20 ans + tard mais avec d’autres physiques, voire personnalités, que je change de costume officiel comme de chemise, que pour un même « titre » de héros y’a des flopées de repreneurs successifs quand ils sont pas simultanés…
    Arrivée à la fin de leur synthèse chronologique j’avais bouffé une boîte de doliprane.
    A côté de ce vaste bordel, et sans vouloir le moins du monde le dénigrer, le Leijiverse et ses multiples ruptures de continuité, c’est vraiment du pipi de chat !
    Alors, oui, Toshirô y fait rien qu’à mourir mais jamais de la même façon, que son esprit, un coup il est dans un Arcadia, un coup il est dans un autre, un coup il passe de l’un à l’autre on sait même pas comment que le piaf un coup c’est le sien qui a ensuite adopté Harlock, un coup ils l’ont trouvé sur Tokarga, il a des tombes planquées un peu partout dans l’univers et qu’on sait jamais en quelle année on est ni quel est l’âge du capitaine.
    Après tout, quand on était gamins et qu’on jouait avec nos figurines (je dis pas poupées pour pas vexer ces messieurs mais les Maîres de l’univers ou BigJim c’en étaient autant que mes Barbies…), on avait toujours les mêmes mais on leur inventait chaque fois de nouvelles histoires en repartant de zéro et ça nous chiffonnait pas plus que ça.
    Y’a qu’à se dire que Matsumoto, ben il les dessine ses jouets !
    A nous de suivre le mouvement de ces sortes de reboot à répétition et de mettre de côté l’esprit cartésien un peu rigide qui nous est venu en grandissant.

    • Dariastr dit :

      Je retire ce que j’ai dit : plus j’explore cet univers plus j’ai l’impression d’être Alice au pays des merveilles qui n’en finit plus de tomber dans son trou d’arbre !
      Une telle profusion d’informations ça file le tournis
      Quand on croit avoir enfin compris les liens entre tel et tel personnage, qui est qui, qui vient d’où, voilà qu’on découvre de nouvelles ramifications….
      C’est un puits sans fond !
      Finalement ça se rapproche + du principe de l’univers étendu de Star Wars qui coexiste sur tous les supports possibles, films, séries animées, comics, romans…
      ça laisse peu d’espoir de pouvoir dire un jour qu’on en a fait le tour.
      Mais est-ce vraiment un problème au fond ?

  2. Dariastr dit :

    Délire : trouvé ça par hasard sur dailymotion !
    https://www.dailymotion.com/video/x10o5cn
    Si même l’Elysée s’enorgueillit de pouvoir interviewer le dieu du manga… :-)
    Il devait y avoir des quadras nostalgiques dans l’équipe de communication de la présidence

  3. DD Funky dit :

    Pour moi le Leijiverse c’est un peu le principe du remix dans la dance music, un original donne plusieurs remix. On peut le remodeler à volonté.
    Le Leijiverse doit s’apréhender pas à pas pour bien le comprendre, je me suis acheté les deux receuils des premières histoires de Leiji Matsumoto. Je comprends mieux certains traits de caractère de ces personnages, et comment il a mis en place son univers petit à petit. C’est captivant et certaines histoires sont parfois cruelles, finissant souvent en queue de poisson.
    Je regarde la première série Yamato en ligne,à quand une sortie dvd meme en vostf?
    Il existe surement des quadras nostalgiques à l’Elysée, vu le grand succés d’Albator 78, série qui m’a tant marqué gamin (bien plus que Goldorak).

  4. Dariastr dit :

    Où ça Yamato en ligne ?
    Me fais pas trop d’illusions sur une édition dvd en France (déjà qu’on est pas foutus d’avoir la suite de Galaxy Railways alors que la première saison est pourtant sortie chez nous… )
    Dingue d’être obligés de chercher ds les méandres du net alors qu’on est prêts à la jouer réglo et payer un coffret (paradoxal pour des amateurs de pirate j’en conviens ;-)

  5. Dariastr dit :

    GUN FRONTIER LES DIFFERENCES Manga/Anime
    ATTENTION SPOILERS

    On va pas y aller par 4 chemins : si l’anime pouvait paraître un peu corsée, le bouquin lui porte la mention « pour public averti » et c’est pas du luxe !

    Premier changement (tous publics), les origines de Harlock et Tochiro :
    Dans la série Harlock est clairement défini comme un occidental qui a lié amitié avec Tochiro lors de leur rencontre au Japon. lls ne viendront aux Etats-Unis que parce que Tochiro recherche sa soeur qui y a émigré en pensant trouver une vie meilleure.
    On notera la subtile critique du pays natal quand il est dit qu’elle l’a quitté car il ne laissait pas de possibilité aux femmes de développer des talents technologiques et d’être reconnues pour ça.
    Dans le manga ils sont issus de la même communauté, Japonais tous les deux, et seraient peut-être même nés sur le sol américain puisqu’ils se désignent comme des survivants du massacre de Yellow Creek (même s’il est mentionné à plusieurs reprises qu’Harlock a du sang occidental, d’où un physique différent de Tochiro ?).

    Autre singularité, et pas des moindres, les deux héros font pas longtemps leurs mijaurées face aux avances de Shinunora : le discours « ouais, on est des amis, on va pas se battre pour une femme, bla bla bla… », devient rapidement rapidement du type « bon ben, on va pas se priver non plus puisqu’elle est d’accord ». Nous noterons d’ailleurs la courtoisie dont ils font preuve l’un envers l’autre pour s’éclipser afin de laisser le champ libre au copain qui se fait approcher par la belle : « Qu’est-ce qu’on ferait pas pour un ami » !
    L’OAV nous montre un Tochiro ne cachant pas son inclination pour la belle, tout comme on nous la montre assez réceptive, et laisse Harlock en retrait pour ne pas faire de concurrence à son ami.
    Alors que c’est exactement l’inverse dans le bouquin : c’est Harlock qui profite bien plus souvent des faveurs de la dame. L’avantage de n’être que le side-kick pour une fois : dès que Tochiro part seul en vadrouille, c’est pas en papotant autour d’un feu de camp que les deux autres tuent le temps !

    Et faut avouer qu’au départ voir Harlock s’envoyer en l’air, ça surprend ! Une fois qu’on admet que ce n’est pas le capitaine Albator de notre enfance, on ne peut que reconnaître qu’aucun hétéro ne serait resté longtemps de marbre en présence de Shinunora. Et s’ils n’ont pas passé ce cap ds l’anime, c’est probablement que ça aurait trop contrasté avec l’image véhiculée depuis les premières adaptations télé où, bien qu’ayant une compagne, rien n’est clairement précisé sur la teneur de leurs relations. Dans le manga ayant inspiré ’78, Clio déplore qu’il la délaisse depuis la disparition de Tochiro, laissant supposer qu’ils ont connu une certaine proximité. Ses sentiments à elle ne faisant aucun doute vu qu’elle parle de lui comme de l’homme qu’elle aime.

    Une fois passé l’aspect déroutant de les voir participer activement (alors que leurs descendants du cosmos ont des vies quasi monastiques), c’est surtout le changement d’attitude face à certains événements qui les distingue de leur double animé : autant dans l’OAV ils compatissent et essaient de protéger les femmes bafouées, autant là ils attendent tranquillement que le violeur ait terminé son affaire, si possible en ayant maté pendant ce temps. Pour le coup ça c’est vraiment dérangeant…
    Alors, édulcoration pour le passage télé ou juste changement des mentalités ? Y’a quoi, 30 ans entre les deux, on peut donc espérer que la considération de la condition féminine ait un peu évolué… En toute honnêté, si le manga a été écrit bien avant les aventures du space pirate, et mm s’il s’agit d’un lointain ancêtre, il aurait probablement été mal accepté de le voir se comporter en quasi complice de ces outrages.

    Ds le dvd il ne franchira pas le pas avec Shinunora essentiellement par loyauté envers Tochiro qui avait fait part de sentiments pour elle (ce qui ne la laissait apparemment pas indifférente) rejoignant l’attitude qu’on lui a toujours connue sur la question : dans la série de 78 il ressemble à un moine soldat (ils ne visaient manifestement pas le même public que Cobra ou Nicky Larson) et c’est Tochirô qui y gagnait une épouse et une descendance (les beaux garçons dorment seuls, c’est bien ça ?!?)
    Et ds l’Arcadia de ma jeunesse, il se retrouve quasi veuf. Son costume entièrement noir donne l’impression qu’il porte le deuil (même si c’est une notion typiquement occidentale vu qu’en Asie c’est plutôt le blanc qui y est rattaché). La chanson de générique est très claire à ce sujet « l’amour m’a parfois arrêté / mais ça fait partie de mon lointain passé » (Maya appréciera !)
    Sur la fin de ’84 il y a peut-être une possibilité de relation avec Nausicaa/Kei mais on ne saura jamais…

    Pour revenir au manga, dans cette publication revient la problématique des hommes, des vrais (!) notamment sous l’angle intime et culturel, comme si les héros de Mastumoto traînaient un complexe (taille, performance, que sais-je encore…). Ici vis-à-vis de « l’homme blanc », notamment quand il est question des femmes Japonaises qui ne veulent plus que des grands bien bâtis, reniant leurs origines et surtout les hommes de leur lignée.
    On peut même se demander s’il n’y a pas une résurgence de l’occupation Américaine après-guerre, avec de nombreux GI qui sont repartis au pays avec une autochtone sous le bras, sans compter les milliers de Mme Butterfly qui se sont vues abandonnées (et par le fait déshonorées) au départ des troupes. Nul n’ignore qu’en temps de guerre les femmes sont les premières victimes de comportements prédateurs (rien que pour ça, bravo à Angelina Jolie pour son action sur le sujet)

  6. Dariastr dit :

    GUN FRONTIER, 2 hommes, 1 femme, plein de possibilités !
    ATTENTION SPOILERS
    Pour revenir sur les ardeurs de nos bonshommes, déjà entendre dans la série le chaste héros de mon enfance parler de plan à 3 ça fait bizarre, mais mm si je savais que c’était une version édulcorée, je m’attendais pas avec le bouquin à le voir le cul à l’air se faire entreprendre par Shinunora !
    ça tranche avec l’incorruptible de ’78 qui balance comme un paquet de linge sale sur le Dr Zero la sylvidre à poil qui venait de l’emballer par surprise (en mm tps, vu le regard furibond de Clio qd il la trimbale ds les coursives, en tenue d’Eve juste enveloppée dans sa cape, on comprend que c’était + prudent !)
    C’est sûr on est pas ds le Hill Valley de Doc et Marty…
    Passée la surprise initiale du changement de… tempérament, soit on rejette ce contraste assez déroutant, soit on admet que c’est une autre incarnation (autres temps, autres mœurs…) et on plonge ds cet univers sexe guns & rock n’roll. J’ai plongé ! :-)

    Les différentes précisions sur le physique général de Harlock le rendent difficile à se représenter en version « réaliste » : un coup il est assimilé d’office à l’ethnie de Tochirô, d’autres fois il passe pour un blanc et c’est son anatomie qui le « démasque ».
    Sachant que s’il est issu lui aussi de Yellow Creek, comment peut-il être métis vu l’accueil + que mitigé que cette population a reçu ? Et même si on parle de mélanges entre Japonais et Indiens, il ne passerait pas aussi facilement pour un occidental.
    La présentation de sa lignée (multiple) ne colle évidemment pas avec l’ascendance allemande qu’on lui prêtera + tard dans l’Arcadia de ma jeunesse (qui évoque ce pays comme le berceau des chevaliers Harlock). Et comme généralement le nom de famille est transmis par le père (patronyme), comment expliquer que c’est môman qui est d’origine germanique ? A moins d’être une mère célibataire, peu probable dans ces temps anciens.
    D’autant que cette généalogie + que fournie était sûrement un bobard pour brouiller les pistes de Shinunora vu qu’il se doutait qu’elle ne s’intéressait pas à eux par hasard.

    Parlons-en de Shinunora : c’est donc une scientifique… chargée d’identifier l’origine ethnique de nos deux héros.
    Pas sûr que ses méthodes soient validées par les experts ! En tt cas, ça lui permettra toujours d’établir avec certitude qu’un cadavre sans tête est bien Japonais !
    Malgré le refus refus des deux compères à sa première proposition de batifolage (« on est des amis, pas question de se battre pour une femme…. ») au final ils adoptent une autre forme d’amitié : elle veut, nous aussi, ok on partage !
    Qd Mastumoto parle d’amitié sincère sans égoïsme, pensait-il vraiement à ça ?
    Ceci dit ça a l’air de fonctionner : à tour de rôle chacun s’efface pour laisser le champ libre à l’autre, sans jalousie. Est-ce que l’esprit peace & love hippie de San Francisco aurait franchi le Pacifique ? (Après tout le manga est paru en 1972) Et surtout je me demande : est-ce que beaucoup d’hommes accepteraient si facilement de partager leur nana, même avec leur meilleur pote ?

    Marrant, qd Shinunora passe un moment difficile, c’est Tochirô qui propose à Harlock d’aller la « consoler », sauf que cette fois elle n’est pas d’humeur et lui envoie un tonneau en pleine poire !
    Et qd elle leur annonce à la suite que ce soir ils vont faire ceinture, et ben ils vont gentiment pieuter dehors. Même s’ils ont les crocs, ils insistent pas. Respect les mecs ! Nous remercierons chaleureusement l’auteur de rappeler que qd une femme dit non, c’est non ! Même qd c’est la + gde chaudasse de l’Ouest !
    Etonnamment, ils se montrent même de + en + « attentionnés » envers Shinunora, c’est-à-dire qu’ils vont zigouiller celui (ou celle) qui a usé/abusé de ses charmes. Même si parfois elle n’en demandait pas tant et leur fait savoir en leur rappelant que si elle apprécie leur sollicitude, elle ne saurait se laisser résumer à une fragile demoiselle en détresse qu’il faudrait venir délivrer.
    J’espère surtout qu’ils agissent ainsi parce qu’ils ont fini par s’attacher à elle et s’inquiètent réellement de ce qui peut lui arriver et pas en raison d’un vieux sursaut machiste genre « on veut bien la partager, mais seulement entre nous ! »
    On observera qu’en parallèle, au fur et à mesure du récit, Shinunora semble de moins en moins consentante aux autres « rencontres ». Même si elle en profite toujours pour soutirer quelques informations ou les sauver de la pendaison, elle n’a plus l’air de s’éclater comme au début.

    Leur groupe quittera la configuration du « tranquille » ménage à trois pour s’orienter vers ce qui ressemblerait presque à une relation de couple entre Harlock et Shinunora.
    D’ailleurs le rythme de l’action accélérant ds le second tome, ils n’ont plus beaucoup d’occasions de batifoler et Mastumoto ne prend même plus la peine de détailler leurs ébats et résume en les montrant partageant le même lit. Jusqu’à cette confidence sur l’oreiller de Shinunora après leur passage chez les lesbiennes, qu’on pourrait bien prendre pour une déclaration…

    Mais Tochiro n’est pas en reste : s’il a conservé une de ses rencontres charnelles ds l’adaptation, c’est probablement parce qu’il est admis qu’il a dejà eu une relation physique avec une femme dans ce qu’on a déjà vu avant cette adaptation. Si ’84 le montre en « simple » amoureux transi d’Emeraldas, les épisodes flash back de ’78 les voit parents. On se doute bien que la petite n’a pas été conçue par l’opération du saint-esprit !
    D’ailleurs le passage avec Asaka est différent des autres, bien plus pudique car il ne s’agit pas cette fois d’une relation forcée ou basée uniquement sur une pulsion sexuelle, mais avec une forte teneur émotionnelle, sentimentale. Ce qui rend son épilogue d’autant plus douloureux et poignant.

    A contrario, les populations rencontrées vont de + en + loin ds les pratiques libres (ou deviantes, chacun jugera). Jusqu’à arriver au + que limite (d’ailleurs comment ça s’appelle la zoophilie qd la personne n’est pas d’accord ?)
    Sur ce coup-là même les 3 ne sont pas pour. Ouf, la morale est sauve !

  7. Dariastr dit :

    GUN FRONTER Manga, le sous-texte grave
    ATTENTION SPOILERS
    Assez rapidement l’ambiance générale du second tome tranche avec le burlesque sexe guns & rock n’roll du premier, laissant comme une impression de tragédie à venir. Heureusement allégée par quelques pointes d’humour bienvenues.
    Même Shinunora, désormais totalement acquise à leur cause, s’émeut du sort réservé à la communauté qu’elle les aide maintenant à retrouver.

    Au final ce qui me dérange vraiment c’est que ce que dénonce Mastumoto est tristement toujours d’actualité aujourd’hui et tend à se répandre de + en +. Après une brève période d’accalmie, on recommence à entendre parler de notions (qu’on croyait dépassées) comme ségrégation, pureté de lignées, supériorité de races et autres âneries.
    Digression people qui démontre justement l’aspect totalement décomplexé de la question: l’annonce des fiançailles du prince Harry a déclenché des torrents de réactions violentes et haineuses. Non pas parce que des réacs se hérissent à l’idée que l’heureuse élue est une roturière divorcée non britannique, mais parce que c’est une métis Afro-américaine. Certains ont même craché qu’en cas de progéniture, elle souillerait la famille royale ! What a wonderful world…
    Je préfère me souvenir de cette vieille interview de Moby qui expliquait avec bcp d’autodérision en quoi sa compagne, d’origine étrangère, pourrait être un avantage pour leurs éventuels enfants car lui (en tant que descendant d’anglais pur jus) était binoclard, chauve, avec les dents qui de déchaussent !
    On devrait à l’occasion rappeler aux partisans de la race pure qu’au bout de quelques générations ça porte un autre nom nettement moins glam : consanguinité !

    A noter également que ce qui est reproché à Shinunora par ses « employeurs », ce n’est pas son activité sexuelle intense (et contraire au usages d’alors), mais le fait qu’elle poursuit volontairement sa relation avec Harlock et Tochiro alors qu’elle n’a plus d’information à en attendre et que c’est donc juste par plaisir. Il lui sera même reproché de s’être compromise avec « les deux singes jaunes ». Terrible expression qui montre bien le mépris dont ils font l’objet.
    Sans parler de la toubib démoniaque qui fait des expériences qu’on pourrait attribuer au sinistre Dr Mengele et ses copains à croix gammée…
    L’attitude de Shinunora amènera ses deux comparses à la qualifier de « gentille ». Pas (seulement) parce qu’elle se montre pas farouche avec eux, mais surtout comme un remerciement envers celle qui leur accorde désormais ses faveurs de façon désintéressée (quasiment par affection) et surtout en les considérant réellement comme des hommes, des vrais (!), précisant à plusieurs occasions qu’ils valent bien mieux que ces hommes blancs autoproclamés supérieurs qu’elle choisira de ne plus servir.
    C’est bien la première fois qu’on pourra dire que des parties de jambes en l’air servent à l’éveil politique et l’émancipation féminine !

    • Dariastr dit :

      COMPLEMENT -SPOILERS
      (j’avoue, je me suis rendue compte que j’avais un peu survolé la question, dc j’ai fait mes devoirs pour rendre une meilleure copie)
      Après la gaudriole des débuts vient la critique du mépris de l’Occidental (pour pas dire le WASP) pour les autres populations.
      Quand Tochirô fait le récit du massacre de sa famille à un responsable de cette horreur, la seule excuse de son interlocuteur c’est « on a cru que c’était des Indiens ». Forcément ça change tout…
      Quant à l’intérêt que suscite la question des origines de Harlock et Tochiro c’est aussi pour s’approprier leurs connaissances s’ils sont détenteurs d’un savoir utile.
      C’est vrai, faudrait pas gâcher !

      Plus tard Tochiro rencontre un homme qui lui déclare qu’ils ne pourraient jamais être amis juste à cause de sa couleur de peau. Dans cette ville qui n’aime pas les sang-mêlés il se fait traiter de métèque. Et quand tout le monde croit qu’il a été descendu après les avoir débarrassés d’un tyran, il est décidé de ne pas l’enterrer ds le cimetière communal parce qu’il « n’a pas l’air très blanc », et que « les âmes de nos ancêtres n’accepteraient jamais de côtoyer ce nain jaune à binocles ». Charmante bourgade.

      La rencontre suivante ns informe que le but de la recherche sur cette ethnie mystérieuse est de tous les exterminer. Quitte à faire subir le même sort aux Indiens pour circonscrire le problème puisqu’il semble que les deux populations se soient mélangées. Le même tempère en rappelant que le territoire américain était initialement Indien et que tous les autres arrivants (européens donc) ne sont finalement que des envahisseurs.

      A partir de la volte-face de Shinunora (qui ira jusqu’à prendre les armes pour les protéger) celle-ci va se faire régulièrement insulter pour cette proximité choisie : « qui reste avec ces singes devient infecté ».

      Souvenir de Yellow Creek pour Tochiro : cette expédition punitive aurait été justifiée par le fait que « les blancs sont + important que les jaunes et Dieu leur a confié le devoir de dominer le monde en tant que race supérieure ». Les derniers carnages suprémacistes de la « plus grande démocratie du monde » donnent un amer goût d’actualité à ces propos…

      La visite au cabinet du Dr Sun Downers réserve son lot de réjouissances qd elle annonce à Harlock qu’elle n’a pas cuisiné de japonais depuis longtemps et qu’il va rejoindre sa collection de squelettes. On réalise que la pratique n’a rien d’inhabituel et son discours est glaçant : « Vs les japonais (…) êtes une ethnie qui n’a pas sa place ici. Je ne commets aucun péché en vous tuant et en vous écorchant. Vous êtes nés pour me divertir, créatures jaunes ».

      Quant au Baron Tatandale, il explique avoir tué les deux jeunes Japonaises parce qu’ « elles sont trop belles, mais elles sont indiennes ». (et…. ?)
      D’ailleurs, il avait un souci avec la France à l’époque Mastumoto ? Autant il assure régulièrement en interview qu’à un moment difficile de sa jeunesse c’est un film français qui lui a redonné espoir en l’avenir, autant là on est pas à la fête ! Avec une position totalement ambivalente : ce st de vrais salopards tout en étant très raffinés. Ou dès qu’il y a un médoc qui rend les femmes dociles, ça vient de France !

      Les sbires de Wild Utamaro se disent eux écœurés de voir une femme blanche avec un étranger quand ils parlent de son épouse.
      Alors qu’il s’est rallié à leurs théories douteuses puisqu’il affirme que « seuls les peuples civilisés ont le droit de dominer le monde. (…) Même Dieu détourne le regard face à une race comme la nôtre ».

      Au fur et à mesure du récit, la notion d » hommes véritables » évolue : démarrée sur une question de prouesses physiques, on tend ensuite vers une interprétation + morale de comportements ou méthodes employées. Les vrais hommes étant désormais ceux qui adoptent une conduite honorable (j’ai pas dit vertueuse !), sans être malveillants ou user de tromperie.

      La nuance s’invite également quand Harlock et Tochiro rencontrent un congénère aux agissements plus que répréhensibles (après avoir été brutalisé par la cavalerie à Yellow Creek) : « nous sommes des personnes civilisées. Même s’il était des nôtres, c’était un homme immonde ». Ce qui démontre que la valeur ne réside pas dans l’appartenance ethnique mais dans les actes de chacun.

      Au final, après avoir traversé l’Ouest de long en large pour retrouver un groupe de rescapés, ils apprendront que la plus grande partie est morte de dysenterie et les rares qui y ont survécu ont fini lynchés et pendus à cause de leurs jambes arquées. Étrangement les femmes ont été laissées libres de repartir au pays (abandonnant sur place leurs gamins qui n’auraient pas résisté au voyage). Shinunora se retrouvant promise à une mort atroce pour sa seule proximité avec des « primates », les femmes menant cette exécution arguant que les gd-parents avaient bien fait la même chose pour les indiennes…

      Après des débuts en fanfare, l’ouvrage a peu à peu versé dans la mélancolie ; et nous laisse, une fois refermé, songeurs quant à l’inquiétante reprise dans notre réalité des horreurs clamées par les plus vils des personnages.
      L’Histoire n’est-elle donc qu’un éternel recommencement ?

  8. Dariastr dit :

    GUN FRONTIER – CONCLUSION
    ATTENTION SPOILERS

    Harlock surprend vers la fin dans une relation ouvertement dominatrice avec une femme.
    On excepte l’exécution sommaire de la femme de Utamaro (dans un duel à la régulière) car son habileté au tir faisait que celle-ci n’était plus considérée comme une femme mais un tireur d’élite. Un peu dommage ceci dit qu’une femme perde sa féminité dès lors qu’elle peut égaler un homme sur un de ses terrains de prédilection. (Le plus dommage ds cette affaire c’est qu’à notre époque et ds la vraie vie, ce genre de considération soit toujours d’actualité)
    Mais c’est dans son attitude avec la sheriff des lesbiennes qu’il se montre anormalement brutal, hurlant et menaçant tout le monde. Une telle fureur est-elle due aux sévices qu’elles ont fait subir à Tochiro ou au fait qu’elles ont brûlé leur carte, seule chance de remonter la piste de leurs semblables ?
    C’est la première (et seule fois) qu’on le voit aussi brusque dans son attitude comme son langage. Et même s’il a eu la « clémence » de lui proposer de choisir entre un duel en bonne et due forme ou se désaper intégralement, ça fait bizarre de le voir s’adresser à quelqu’un en lui aboyant dessus. On comprend qu’elle ait choisi la 2e option histoire d’avoir une chance de s’en tirer vivante.
    Mais vu qu’il était tout sauf en manque de ce côté-là, pourquoi lui imposer cette prestation humiliante? Surtout pour se plaindre immédiatement (et tout aussi violemment) de son manque de savoir-faire. Hey, pépère, tu t’attendais à quoi de la part d’une lesbienne ? Autant reprocher à un unijambiste de ne pas faire une bonne performance au 1OO mètres !
    En comparaison l’étreinte qui suit avec Shinunora passerait pour romantique !

    La fin est surprenante mais quelque part fait un lien avec ce qui adviendra ds ’78 où Harlock sera le parrain, littéralement père de substitution de l’enfant de son ami. Sauf que cette fois il garde la femme !
    Parce qu’il ne faut pas oublier que si les séries ont laissé le beau gosse seul ou en relation d’apparence platonique (et privilégié ainsi le petit moche à l’esprit brillant !) ce manga lui a permis d’avoir une vie intime bien plus réjouissante.
    On pourrait s’autoriser à imaginer que, si la maternité ne refroidit pas trop la libido de Shinunora, elle pourrait également porter sa descendance à lui aussi. Expliquant ainsi le lien indéfectible qui unit les deux hommes, quelle que soit l’époque à laquelle ils se rencontrent, devenant plus que des frères d’arme, de réels frères de sang.
    L’arcadia de ma jeunesse ne dit-il pas après l’examen des gènes de Harlock et Tochiro qu’ils ont de l’ADN en commun ?

    Pour finir, on apprend donc que le Japon serait peuplé d’individus petits, bigleux et aux jambes arquées…
    Je vais probablement demander des explications à mes parents : je ne serais donc pas issue que d’un banal mélange parigot/auvergnat ?!?
    Evidemment cette séduisante théorie ne résiste pas au fait qu’il est désormais avéré que la myopie n’est pas héréditaire. Mais plus jeune j’aurais probablement préféré pouvoir me la jouer descendante de Samouraï au lieu de me lamenter sur ma vue basse, mon gabarit de schtroumpf et mes guibolles tordues… :-)

    • Dariastr dit :

      Moralité ?
      Pour peu qu’on ne s’intéresse pas qu’aux grivoiseries en tous genres (« un brin d’érotisme » prévient pudiquement la 4e de couverture, j’en rigole encore !), c’est vraiment un bouquin qui vaut le détour : l’intrigue est prenante, les personnages attachants, et on se surprend à trouver que la fin arrive trop vite.
      Surtout si (comme moi) on a pas vu que le 2nd tome est + épais que le premier parce que les 100 dernières pages st en fait un bonus faits de courtes histoires originales.
      La première étant annoncée comme un spin-off car présentant une aventure de Tochiro (sans Harlock) ds ce qui serait une des premières évocations de ce personnage.
      Malgré l’intérêt de ces inédits, j’aurais bien passé encore un peu de tps à suivre les péripéties de nos trois lascars !
      (et j’aurais pas cru en rédigeant le 1er avis que j’allais finalement pondre une thèse :-)

  9. Dariastr dit :

    GUN FRONTIER Manga Ps : Harlock moins stoïque et monolithique qu’il n’y paraît
    SPOILERS
    A plusieurs reprises, et en dehors de sa crise de calcaire dans la ville des ours myopes (si si !), celui qui paraît être un roc imperturbable (srtt en comparaison avec Tochiro qui exprime naturellement et pleinement ses émotions) laisse parfois transparaître une autre facette. Principalement au travers de ses échanges avec Shinunora.

    Passé sa surprise de la première « intervention » sans sommation de celle-ci, il reste régulièrement l’objet de ses attentions. Et quand, après les gâteries d’usage, elle lui
    propose d’être plus actif et de la faire grimper aux rideaux en l’honorant à son tour, il réagit par un incrédule « sérieux ? ». Soit, mais qu’on m’explique pourquoi, alors qu’elle exprime sa satisfaction, ses pensées à lui vont vers Tochiro (parti vers un potentiel traquenard) ! Même si ça n’a pas l’air de le chiffonner bien longtemps…

    Apparemment il ne se considère pas comme répondant aux critères de beauté des femmes (en général ou de leur origine) puisqu’il dit lui-même que si Shinunora reste avec eux c’est parce qu’elle ne s’intéresse pas qu’à leur aspect physique.
    Pourtant elle le décrira à un de ses contacts comme un « véritable homme » et c’est tjrs elle qui prend l’initiative de leurs batifolages. Il s’autorisera quand même une fois à répondre sur le même mode à une allusion particulièrement explicite.
    Et forcément ça se termine à l’arrière du chariot !

    Sachant qu’elle enquête sur eux, il reste perplexe quand elle s’occupe « gratuitement » de son entrejambe pendant que Tochirô punit l’épouse du meurtrier d’une Japonaise. Petit détail significatif : n’ayant plus de carriole, c’est le cheval de Harlock qu’elle partage pour repartir.
    (Episode qui montre également le changement de camp de Shinunora et son choix d’entraver désormais leur extermination programmée)

    L’attitude de Shinunora avec les deux amis est diamétralement opposée : avec Tochiro c’est épisodique et « méthodique », d’abord pour les besoins de son enquête, ensuite pour se faire « pardonner » d’avoir été moqueuse avec lui, puis pour prouver à une Japonaise méfiante qu’elle est devenue intime avec eux. Alors qu’avec Harlock, ça semble être juste par envie. J’imagine qu’être moins « émotif » que son pote a du aider à faire pencher la balance en sa faveur !
    Et qd Suninonura se retrouve en mauvaise posture avec le Dr Maragamankovitch, et que pour une fois elle a besoin d’aide, c’est Harlock qu’elle appelle au secours (et non Tochiro comme ds l’anime)

    Même leur ébats sont différents de ceux qu’elle partage avec quasiment le reste du monde, comme s’il y avait déjà une forme de tendresse dans leurs étreintes (alors qu’avec les autres on est plutôt ds une sorte d’inventaire de positions, avec plus ou moins de participants). Lui-même semble la serrer contre lui, conscient de sa chance de partager les bras d’une telle beauté, vu le mépris qu’il inspire généralement aux populations rencontrées.

    D’ailleurs si les nombreuses scènes de sexe qui parsèment le bouquin sont totalement explicites, on ne tombe pas dans le côté cru et gratuitement démonstratif de la pornographie : avec sa technique du clair-obscur Mastumoto les rend presque… élégantes. Le visuel ne laisse évidemment aucune place au doute mais il suggère les corps et attitudes, laissant au lecteur le soin de compléter le tableau.
    Et nul besoin de précisions anatomiques pour comprendre ce que l’un (ou l’une) fait à l’autre : un simple gros plan sur le haut d’un pantalon masculin masqué en majeure partie par une chevelure féminine. L’auteur démontrant même l’efficacité des talents de Madame simplement par « l’expression » des mains de Monsieur. Difficile d’être + clair !

    A Midland City, là où son homologue animé refusait pudiquement les avances de la belle, Harlock s’enhardit en annonçant lui-même à l’aubergiste qu’ils ne comptent pas utiliser la chambre pour faire un scrabble !

    Après avoir été souvent présenté comme un benêt dans le premier tome, le second s’ouvre à Mil Town et nous dévoile un Harlock fin tacticien : alors qu’il vient au secours de Shinunora (en train de se faire étrangler par un homme en plein acte), il perd son arme et accepte de profiter sagement du spectacle. Mais c’était une ruse pour pouvoir ajuster son tir sans lui faire courir de risque. On est loin de l’as de la gâchette des débuts qui tire d’abord et réfléchit (éventuellement) après.

    Il montrera un soupçon de jalousie quand Shinunora invite Tochiro à venir pleurer sur son épaule après la découverte des restes d’un village de Japonais « pourquoi personne ne regarde si moi aussi je ne suis pas en train de pleurer ? ». Et l’autre qui lui répond goguenard : « y’a pas de place pr deux ici ». Ben alors, on partage plus ?
    Pareil pour elle qui pique une crise en les surprenant à observer de près un corps de femme !

    Connaissant le côté expansif du bonhomme, on trouve d’autant plus émouvante sa réaction quand, après son initiation chez les lesbiennes, Shinunora lui confie au lit que « sincèrement [elle] préfère les hommes : loin d’une virilité triomphante de mauvais goût, il lui répond par un sensible « Merci (…) ça me touche ».
    Comme pour renforcer cette impression d’intimité, Mastumoto les laisse en partie hors champ et cadre sur un élément de décor. (Depuis qd Harlock range ses affaires en ordre avant de s’envoyer en l’air ?)
    Comme on l’a vu précédemment, dans ce deuxième tome il ne s’attarde plus vraiment sur leurs galipettes, comme si partager la même couette était devenu la routine !

    Et est-ce bien lui qui s’inquiète de ne pas la trouver après la rencontre avec Stahlnen et un samourai : « on le la reverra peut-être plus jamais, ça me donne envie de pleurer ».
    A contrario, quelques pages + tard, à Shinunora qui se soucie de de savoir quel sera son sort quand ils auront enfin retrouvé leurs semblables, il répond par un improbable : « Je ne sais pas. Dans mes veines coule le même sang que Tochiro ». Oui et alors ? Lui-même étant métis, y’a bien une troisième solution autre que l’abandonner ou la tuer !

    C’est après la mort des enfants dans la montagne qu’il va se livrer comme jamais : alors que Shinunora compatit à la peine de Tochiro, Harlock va lui révéler que ce n’est pas le courage qui l’empêche de pleurer mais plutôt qu’il « n’ose pas regarder ces tombes, [son] cœur souffre ». Ce qui ne ne manquera pas d’émouvoir celle-ci qui cherchera alors à le réconforter (à sa façon !).

    Après avoir enterré les gamins, ils font une dernière rencontre, amicale cette fois, et j’en viens à me demander si la fin de l’histoire était déjà prévue comme ça ou si c’est la mort du chat de Matsumoto, survenue pendant la rédaction du livre, qui a précipité la séparation des deux amis. L’événement est littéralement évoqué ds le dernier chapitre, à commencer par la mention « Sayonara Mi Kun » sur le dessin d’ouverture de chapitre.
    A-t-il projeté sur ses personnages la perte q’il venait de subir (vu qu’il était très attaché à sa boule de poils) ? On peut dire qu’on assiste ici à la matrice des relations de leurs futures incarnations.
    A ceci près qu’on en a là une version optimiste car Tochiro ne meurt pas et Harlock est plein d’espoir : « Je prendrai soin de ton enfant (…) et nous te rejoindrons là-bas ».
    On aurait pas l’origine de la Mayu de ’78 ? Descendance qui n’est évoquée que de façon quasi subliminale dans le manga du space pirate…

  10. Dariastr dit :

    GUN FRONTIER Manga : Shinunora, prototype d’Emeraldas, vraiment ?

    Dans plusieurs critiques de l’OAV, ce personnage de femme fatale est présenté comme ayant inspiré la célèbre pirate : en effet, la version animée reprend le schéma de celle qui éprouvera des sentiments pour Tochiro (qui en est raide dingue), charmée par ses talents et son caractère (« une belle âme ») sans se laisser arrêter par une apparence physique hors normes.
    Mais la lecture du manga, qui montre un tout autre type de relations entre les 3 personnages principaux, m’inspire une autre piste :
    une femme, aussi belle que mystérieuse, propose (s’impose) d’accompagner deux hommes dans leur quête dont elle semble bien + informée qu’il n’y paraît.
    Qui disparaît quelques temps, et pour des raisons floues, à chaque nouvelle étape et leur sauve régulièrement la mise par des moyens assez peu conventionnels.
    Elle semble appartenir à une organisation un peu louche et pas forcément bienveillante envers les deux héros auxquels elle finit par s’attacher sincèrement, quitte à passer pour traître aux yeux de ses commanditaires.

    Non, toujours pas ?
    Après avoir lu Galaxy Express, c’est plutôt Maetel que j’ai vue ébauchée en Shinunora.

    Possible également que ce personnage ait été scindé en deux pour aboutir aux deux autres : il n’est pas rare ds ses aventures dessinées de trouver Maetel désapée (sans que ça semble la gêner plus que ça) mais c’est la flamboyante balafrée qui portera l’enfant de Tochiro dans ’78.
    Sans oublier que les deux manient les armes à feu avec aisance.

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