Fast & Furious 6 : Dodge Charger Daytonna 1969 – ech 1/18 (Greenlight)

Dodge Charger Daytona - Fast and Furious - die cast 1/18

Cette Dodge Charger Daytona est celle utilisée par Dominic Toretto dans Fast and Furious 6. Pour le film, l’équipe de Dennis McCarthy devait préparer sept voitures identiques (trois ont survécu au tournage). Etant donné que le modèle Daytona n’a été produit qu’à seulement 503 exemplaires, la vraie Daytona était beaucoup trop rare et surtout trop chère pour être utilisée. Heureusement, la Daytona ne se distingue visuellement de la Charger normale que par son aileron arrière démesuré et son avant profilé (pour augmenter la pénétration dans l’air). Il a donc suffit à l’équipe de production de fabriquer ces deux éléments en fibre de verre pour reproduire un modèle ressemblant à la Daytona. L’avantage de la fibre de verre est d’être plus léger que la tôle employée sur le modèle original, cela évite donc d’alourdir le porte-à-faux avant ce qui équilibre mieux la voiture.

Dimensions : 30 cm de longueur x 10,2 cm de largeur x 7,3 de haut
Poids : 1313 g
Matériaux : Métal et PVC 

 

Daytona originale VS film

Avant d’aller plus loin, il est bon de préciser qu’il existe quelques différences entre le modèle du film et une vraie Daytona. Tout d’abord les poignées des portières ont été retirées pour alléger la ligne. Ensuite, puisque l’équipe du film a été contrainte de refaire l’avant, ils en ont profité pour changer quelques détails. Ainsi le renfoncement destiné à accueillir la grille avec les anti brouillards a été lissé, les phares escamotables ont disparu au profit d’une vitre, les sorties d’air ainsi que les clignotants des ailes avant sont absents et la forme du nez est plus arrondie et gagne un léger bosselage central qui rejoint celui du capot. Mais la grande différence, c’est surtout que le pare-choc arrière a été enlevé et que le nez ne peut plus être détaché, il a été joint aux ailes pour ne faire qu’une seule et même pièce, renforçant la fluidité du véhicule.

Critique et analyse

Curieusement le modèle réduit est sorti en 2015 soit deux ans après la sortie du film Fast & Furious 6. Cela tendrait à prouver que cette voiture customisée a suffisamment marqué les esprits pour que l’intérêt pour le modèle perdure même après que la machine marketing qui accompagne la sortie du film se soit arrêtée.

Derrière les apparences

Lorsqu’on voit les photos du modèle réduit sur internet, on est séduit par la superbe peinture bordeaux et par le fait que le modèle est conforme au film. Même le packaging inspire la confiance : la boite sans fenêtre protège de la lumière et l’intérieur est composé d’une protection intégrale en polystyrène. Sur le carton, les inscriptions en lettres métallisées suggèrent que l’on est en présence d’un modèle haut de gamme. Cette impression est renforcée par le prix qui tourne autour des 70 euros.
On dit souvent que la première impression est la bonne. Malheureusement dans le cas présent, elle est trompeuse. Tout a été fait pour donner l’illusion d’un produit de qualité alors qu’il n’en est rien.

Carrosserie

Le déballage de la voiture n’augure rien de bon : l’aileron arrière n’est pas collé à la carrosserie, on doit donc l’installer soi-même. Sur la Dodge Charger d’Hot Wheel, le fait que le capot ne soit pas fixé pouvait s’expliquer parce que cela permettait d’exposer le moteur aux yeux de tous. Dans le cas de l’aileron de cette Daytona, rien ne vient justifier que le client ait à faire le boulot, si ce n’est un souci d’économie lors du processus de fabrication. Le pire c’est que cet aileron est juste posé, il n’y a aucun clip, si vous manipulez la voiture, il tombe. Vous ne pouvez pas non plus le coller, sinon vous ne pourrez plus ranger la voiture dans le polystyrène de la boite.

De loin la peinture rouge rend bien, malheureusement, de près, j’ai pu constater sur mon modèle de test une trace de coulure sur l’aileron. Cette erreur peut arriver, il est difficile de généraliser, en revanche, ce qui est incompréhensible, c’est que le rétroviseur ait été peint dans un espèce de doré au lieu d’être chromé comme les essuie-glaces.

Lorsqu’on retourne la voiture pour regarder dessous, c’est l’hécatombe à tous les niveaux. Les reliefs sont moulés très grossièrement et les parties en gris claires ont été peintes de façon approximative. La peinture déborde des jonctions, suggérant que le pochoir a été mal appliqué (ou mal conçu).

Moteur

La particularité de la Daytona de Fast and Furious 6 est son bloc moteur V8 d’origine (un 426 Hemi de 7 Litres) qui avait été remplacé par un moteur V8 LS3 de chez GM. Durant le film, ce bloc de 6,2 litres développe 500 chevaux grâce à l’adjonction d’un turbo. Pour certains fans, cette pièce est un argument de poids qui compte autant que la carrosserie lors de l’achat du modèle réduit. Malheureusement pour réduire les coûts, le fabricant s’est dispensé de mouler le bloc moteur et a préféré faire un capot qui ne s’ouvre pas avec du vide en dessous.

Si encore le capot était la seule chose qui ne s’ouvrait pas, mais non ! Les portières et le coffre sont logés à la même enseigne. Quant aux roues, elles tournent sur leur axe, mais les roues avant ne sont pas orientables à droite et à gauche. Depuis que j’ai reçu mon premier modèle 1/18ème à l’âge de 6 ans, c’est la première fois que je vois un tel « foutage de gueule ». Pardonnez ma vulgarité, mais à ce stade, au vu du soin apporté au packaging et du prix de l’objet, ça sent la tentative délibérée de tromperie sur la qualité de la marchandise.

Intérieur

Comme les portières ne peuvent pas s’ouvrir, il difficile d’apprécier l’intérieur, d’autant plus que les reflets des vitres ne simplifient pas la tâche. C’est bien dommage car l’habitacle est relativement bien fait. Pour pouvoir prendre des photos j’ai été obligé de démonter le modèle réduit, ce qui ne m’était encore jamais arrivé pour aucune de mes chroniques.

Au demeurant, l’habitacle est assez fidèle. Comme le montre la photo ci-dessous, dans le film, il avait été vidé : le tableau de bord ainsi que les garnitures des portières avaient été refaits en aluminium pour alléger l’ensemble, un frein à main hydraulique avait été ajouté et le volant d’origine avait fait place à un modèle de compétition à trois branches. Au premier regard, tout semble présent y compris l’arceau peint dans la même teinte que la carrosserie.

Cependant, dès qu’on se penche sur les détails, les imperfections apparaissent : il manque la barre transversale rouge de l’arceau qui passe derrière les dossiers des sièges, la bouteille de N2O n’a pas d’étiquette et le boîtier de contrôle du N2O (située normalement derrière le frein à main hydraulique) est absent. On note aussi que les autocollants des cadrans de contrôle sont posés de façon relativement approximative.

La plupart des clients potentiels ne verront pas ces défauts, en revanche, il y a un détail que même un néophyte peut repérer : il manque la ceinture de sécurité du passager (alors qu’elle est bien présente sur le véhicule du film). Cette absence de symétrie entre le siège conducteur et le siège passager saute aux yeux.

Le pire, c’est qu’il y a bien sur l’arceau de sécurité deux attaches destinées à faire passer la ceinture du passager. Cela prouve qu’à l’origine le fabricant comptait les mettre, mais qu’il a dû se raviser pour retirer une étape au processus de fabrication (il n’y a pas de petites économies).

Conclusion

Il s’agit probablement d’un des pires modèles jamais édités sur la licence Fast and Furious, la seule qui peut rivaliser en terme de médiocrité est la Mustang de Fast and Furious Tokyo Drift éditée par Joyride qui ne respectait en rien la voiture du film. Au moins, même si cette Daytona ne justifie pas son prix élevé, on ne peut pas lui enlever le fait qu’elle a le mérite d’être visuellement fidèle au film que ce soit au niveau de la carrosserie, des jantes, des freins ou de l’habitacle. Reste que le moteur est absent, ce qui est un comble sachant que les amateurs de Fast and Furious aiment les belles mécaniques. On aurait pu pardonner que les roues ne soient pas directionnelles ou que le coffre ne s’ouvre pas, mais l’ouverture du capot et des portières est un minimum de base.

Au début je pensais que la boite n’avait pas de vitre pour protéger la voiture de la lumière (comme on le fait pour les modèles haut de gamme), mais après avoir vu ce modèle réduit de près, je pense que si le fabricant n’a pas mis de vitre, c’est pour éviter que le client potentiel se rende compte de la qualité déplorable de l’objet. Vendre un modèle réduit aussi peu abouti, en misant sur un packaging qui masque le véhicule, trahit probablement une intention délibérée de berner les fans.

Au final, cette miniature est l’illustration parfaite de ce que peut donner l’exploitation sans scrupules d’une licence à succès. Dommage qu’Universal n’ait pas mieux cadré les fabricants à qui ils ont vendus les droits d’exploitations des produits dérivés. Un tel mépris des fans finit par se savoir et les rend méfiants, ce qui ce n’est jamais bon pour l’image de la licence.

Packaging

Le packaging n’a aucune fenêtre, en temps normal, ces emballages fermés sont réservés aux haut de gamme pour éviter que la lumière ne ternisse la peinture, cependant, dans le cas présent, c’est plutôt pour éviter qu’on voit la qualité déplorable de cet objet.

Dimensions packaging : 34,8 cm de long par 16 cm de profondeur et 14 cm de hauteur.
Poids avec le jouet : 1570 gr

L’aileron arrière est déporté dans un compartiment dédié et doit être ajouté au véhicule, malheureusement, il ne tient pas très bien et tombe dès qu’on bouge un peu la voiture.

Pour ceux qui veulent lire les infos sur l’emballage, voici les scans de la boîte. Cliquez sur les images pour les voir en grand, la résolution est suffisante pour pouvoir lire les textes qui sont écrits dessus.

  
  
  

 

Galerie

5 réponses à Fast & Furious 6 : Dodge Charger Daytonna 1969 – ech 1/18 (Greenlight)

  1. Mopar_33 dit :

    Ce modèle me tentait, mais au vu de la description de l’article, c’est bon, je suis vacciné autant laisser tomber.

  2. Ash_V8 dit :

    C’est abusé grave d’avoir bâclé le travail comme ça. Il y avait pourtant de quoi faire une miniature géniale. Ils vont avoir du mal à les écouler.

    • Jéromine dit :

      Pas sûr qu’ils n’arrivent pas à l’écouler, la plupart des clients potentiels ne creusent pas plus loin que les photos de l’annonce ou de la boite pour se décider.

  3. Fredodge dit :

    Sur cette licence, on trouve le meilleur comme le pire en matière de modèle réduit. Mais c’est quand même Hot Wheels qui a fait le meilleur boulot jusqu’à maintenant, dommage qu’ils n’en ont fait qu’une.

  4. Kobalt dit :

    L’éditeur Greenlight est plutôt habitué à faire des modèles de Fast and Furious au 1/43 ème. Sur ces modèles il est courant que les portes, capot ou haillon ne s’ouvrent pas. En se lançant dans le 1/18ème, l’éditeur n’a pas dû percuter que les exigences ne sont pas les mêmes que pour un modèle plus petit.

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